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32 février
Il faudra bien que je revienne dans l’histoire. Que je reprenne son fil. Le départ n’est pas une fuite, c’est un morceau de l’histoire. Je marche sur mes jambes de femme, je porte mon sac avec mes épaules de femme. Les gens me regardent comme une femme, sans étrangeté. Le soir nous étions arrivés au…
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31 février
Il y a là au bord un désastre imminent. Au bord de la faille, une chute presque entamée, mais je ne tombe pas. Nous marchons. Mon compagnon me tient la main, il parle mais je n’entends pas, c’est comme un rêve ou un saut en parachute. Lorsque je reviens dans la conversation, j’entends, regarde une…
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30 février
Je ne sais pascombien de tempsmon front est restécontre la vitre.En lisière de nos étonnementsla date s’écrivait sur les mursles énigmes poursuivaient leurs routeset la lumièrenous aussije voyage
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59 janvier
Quelque chose au bord de la route a pris feu. Notre véhicule (grand, abondant) s’est arrêté, un bouchon s’est formé. D’ici, on ne voit pas très bien de quoi il s’agit. Mais c’est un peu effrayant, ça joue avec mon sentiment de sécurité dans le voyage. Et mon compagnon s’est endormi. Pour me distraire, j’observe…
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58 janvier
Tu touches le ciel, les lèvres de l’arbre, le grand visage étale de la campagne. Dans le ciel quelque chose bleuit. C’est l’ombre d’un nuage plus noir que les autres. Un enfant nuage, plein de colère et d’outrancière tristesse. Ses cris sont insupportables pour les adultes. C’est toujours comme ça. Je me souviens de toi…
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57 janvier
Je ne sais pas de quoi je me souviens. Le roulis d’un train en rappelle un autre. Par la fenêtre on voyait des joncs ployer sous le vent, et dans le ciel apparaître ton museau d’humain. J’étais dans ta chaleur, je regardais ton front, grand, épanoui. Beau. Aujourd’hui la personne devant moi montre son front,…
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56 janvier
Il n’a pas de nom, me dit que jamais personne ne le lui a demandé. Et pourtant je le regarde, il est vivant. Ne parle que pour conter. Nul ne sait d’où il vient, mais moi je le sais. De la ville là-bas, comme moi, au moins dans les derniers jours. Pas d’autre savoir à…
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55 janvier
La route, ô mes cruelles proprioceptions, les sensations difficultueuses. C’est pour ça que depuis longtemps je ne bouge plus de chez moi. Là, je suis dans un car. Il ressemble à un grand insecte, une sorte de cricket, et se meut avec des secousses plus ou moins amorties, des ondulations de reptile. Je suis dans…
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54 janvier
Je ne sais pas très bien où je vais. C’est déjà arrivé à d’autres personnes, qui cherchaient leur chemin. Je suis cet homme, sa présence est agréable. Je cherche une histoire, un sens. Quelque chose qui se raconte, qui se dessine, qui se sculpte et qui se partage, une histoire qui se répète et qui…
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53 janvier
Je suis restée avec cet homme du soir au matin, dans la salle de gare. Nous partirons bientôt. J’aime cette odeur de voyage qu’ont les gares, j’aime que la température change au cours de la nuit. Bizarrement, pour quelqu’un qui ne change pas ses habitudes, je m’accoutume très facilement au déplacement constant de l’environnement. Lumières…