• 52 janvier

    Après ces jours de marche, j’ai rejoint un nœud de transports. Quand s’ouvrent les portes coulissantes vitrées, dans la vaste salle, un homme de grande taille aux cheveux longs et blonds vient à ma rencontre. Il me demande si j’ai marché plusieurs jours depuis un vallon perdu, là-bas. Son doigt pointe vers la ville de…

  • 51 janvier

    Deux jours que je dors en marchant. Rien de chez moi ne me manque, ni la porte de l’armoire qui bat, ni la mouche du plafond, ni la lampe. La souris a son nid dans ma poche. Deux jours à dormir en marchant, ce n’est pas du repos. Cela me donne des vertiges et des…

  • 49 janvier

    Pour vivre pas de truc, seulement attendre la fin du jour, comme font les araignées. J’attends au pied d’un arbre et je pense à la femme rousse au tailleur blanc. Je pense à ce que je dirais si elle m’écoutait, à la texture lisse et pleine de son silence. Un silence précieux qui m’accompagne hors…

  • 48 janvier

    Quand on décolonisera les astres les arroser d’eau douce et sans vague les prendre en mains doucement comme des enfants-chats les jeter dans le ciel comme la paille du nid il s’envolent avec des ailes de papillon de nuit

  • 47 janvier

    La mer était seule et vaste au bord d’elle  on ne comprenait pas bien ce que c’était un mouvement comme ceux qu’on connaît en soi ressac de sable gâchis de sel mousse à reflets et mes pieds au bord de la vague au bord de la mort  de la vague égarés  mouillés

  • 46 janvier

    Villes hirsutes, temps traces et des lumières sociales qui retournent les corps. Je suis parti, j’ai quitté la ville, j’ai pris un chemin, dans la direction du vieux soleil presque mort. Un chemin montant. Abrupt. Au bout de vingt-minutes, à mes pieds, la ville avait des reliefs très doux, comme sur les images inventées par…

  • 45 janvier

    Les choses ont des ombres et moi du travail, nous faisons ensemble, sans nous embrouiller presque, et le froid dehors mord. La musique de Bach résonne comme un silence de tête. L’harmonie qui s’oublie, disparaît, toujours là, insistante. L’invention s’efface, la fugue s’enfuit, le prélude s’éteint ; tombe la sinfonia, pleure un concerto, au pied…

  • 44 janvier

    Ce matin on doutait des saisons. Un vieux soleil presque mort s’était pendu là-bas, on en oubliait les automnes.  Et maintenant, dans la fin d’après-midi pas très tardive, il fait une lumière douce, descendante. C’était un dimanche intense, avec du vent et des occupations de tête. J’ai marché un peu moins d’une heure. J’ai cherché dans les vignes,…

  • 42 janvier

    Je suis resté couchée un moment sous le feuillage. Peut-être que du temps a passé. Peut-être que j’ai parlé. Peut-être que j’ai entendu respirer la femme rousse en tailleur blanc. Peut-être qu’elle songeait à brosser cette vieille table en métal rouillé, et le corps honoré d’un tronc d’arbre, ses cernes en sénescence, une ancienne dignité.…

  • 41 janvier

    Trois caudalies et des amours subverties. Un orchestre complet d’oiseaux sur la branche. Je marche sans m’occuper de l’angoisse, mais elle me rattrape à l’épaule et chuchote, et si quelqu’un que tu aimes venait à disparaitre ? Pas de temps pour les obsèques imaginaires. J’ausculte l’air libre, je pose mon visage, j’aspire, j’aspire.  Si tu…