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50 mars
Ça jongle avec la lumière Ça se dissout Ça couleLe paysage couleLe paysage se dissout Jongle avec la lumière Ça sautille Ça pulse On ne sait pas ce qui est quoi D’ailleurs Le paysage au mur, c’est l’ombre ou ça caverne ?
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49 mars
J’ai dormi sous les plumes d’un aigle un angle sans contours un mur carré qui repose Il n’y a pas plus d’oiseaux que de genres humains On bûche on bûche on trime avec soi toute une vie et à la fin quand on a trouvé quelque chose de pas trop mal quand on pense avoir…
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48 mars
Je ne me suis pas appelée ; on l’a fait pour moi. On m’a appelée soudain d’un prénom qui faisait de moi quelqu’un de nouveau. Quelqu’un qui n’est pas un homme. Qui n’est pas une femme. Pas un homme devenu avec des jambes de femme. Non, on m’a appelée et je suis devenue avec un…
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46 mars
La nuit on est des bêtes sans visage seules les ombres pour nous donner des figures. La vie bleuit, la lumière bleuit et moi j’aime je crois aimer un homme. Ce n’est pas si simple quand on n’a pas toujours eu des jambes de femme. C’est quoi être ensemble c’est vrai c’est quoi on n’est…
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45 mars
L’humain est constitué d’une peau et d’une intrigue le non-humain de choses inertes qui bougent lentement se défont évoluent s’écroulent bleuissent selon le temps qu’il fait selon le sel qu’il fait. Et le matin me guette son œil à peine narquois.
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44 mars
Le monde des non-humains est en mouvement. Une évolution perpétuelle due à l’atmosphère : le chaud l’humide le salé. Les objets se transforment imperceptiblement pendant que nous les regardons. C’est leur façon de vivre. Discrètement, sous nos yeux. La couche blanche bleutée, une neige durcie, composée de cristaux de sel qui s’accumulent, se déplacent, s’échafaudent…
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43 mars
C’est un étrange moment, pour nous qui courons, les villes traversées, de l’eau et du coton lavé par la pluie, et une pagaille sans fin, une étrangeté que je peine à décrire. Mes jambes de femme fonctionnent aussi bien qu’avant celles d’homme. Idem pour l’épaule. Je peux marcher des heures. J’ai retrouvé une énergie ancienne. …
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42 mars
C’est une sorte de paradoxe. Des jours à découvrir la ville retroussée, la ville dévalisée. En moi quelque chose chemine qui s’éclaire et prend sens, à mesure que tout dehors se décompose. De ton profil et de ta peau je ne sais plus ce que j’ai pensé, c’était un frôlement dedans, une prévenance animale. Aujourd’hui…
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41 mars
Dans la ville en apparence il n’y a personne. Les gens se terrent, courent comme ombres sur les murs, rentrent dans les immeubles comme fourmis pressées dans des trous de sable.La ville fait vide. Elle est dépeuplée. Dehors de la ville, là où nous avons rejoint un campement, dans un champ où tiennent encore debout…
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39 mars
Je ne sais pas quoi dire à propos de la relation à propos de mon compagnon à propos de ce qui me lie à lui nous sommes ensemble qu’est-ce que ça veut dire lui moi nous nous déplaçons ensemble dormons ensemble depuis bientôt deux mois depuis la nuit dans la gare nous sommes ensemble il…