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34 août
Dernier voyage aux ombres, relents charnus de l’été. J’ai décidé de ressortir de la tête. Je me terrais, dans l’été trop brûlant, au fond de la tête. Il y a des parcs, bassins et jardins, dans la tête, on peut y être bien. Mais au bout d’un moment, c’est long. Une petite éternité de tête,…
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33 août
Je regarde de près le monde est mouillé. Il pleut une peau imperceptible transparente et sans sensation. Elle recouvre nos mémoires, gluante et poussiéreuse. Rien de plus sale. C’est le cambouis des frontières, une graisse de limites franchies. Nous ne sommes plus qu’un tas d’hommes éparpillés et qui cherchent des espaces sans eau sans sécheresse. …
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32 août
On ne sait pas où ça va nul ne sait où ça va personne pour raconter l’histoire tout est écrit écrabouillé étouffé sous des édredons – un sens unique donné à ce qui se passe et c’est la fin de toute parole – de tout récit comme une corde tendue entre ce qui s’est passé…
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62 juillet
Choses cachées, pires que choses vues. Il y a ce que je ne veux pas savoir, et ce que ma mémoire oublie. Nulle volition, c’est ce qui me met à terre.Seulement les mauvais souvenirs, les mauvais sangs, les odeurs sans vraisemblance. Je marche en crabe dans le parc. Le tronc d’un arbre montre une blessure…
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61 juillet
Je perds mes mots. Ils me transpercent, ressortent, et couverts de mon sang s’en vont, tombent dans les eaux lourdes de ma mémoire. Je t’aimais comme on aime enfant, en criant, en courant, en se tordant les genoux dans les cailloux. Je t’aimais comme on reste collé, par la hanche ou par l’épaule. Je t’aimais…
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60 juillet
60 juillet. Foisonnement des intérieurs, forme de mots les images.
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59 juillet
Ça se passait sous un soleil gris nuage, un de ces ciels blancs qui piquent les yeux. J’avais rencontré tellement d’obstacles que mes poils s’étaient collés entre eux, jusqu’à devenir durs et piquants à la surface de ma peau. Mais la tentative d’échapper à ma famille adhésive, qui me faisait arriver dans des dunes de…
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58 juillet
L’enfance encore une fois s’en allait. On était adulte, trop définitivement pour tenir. Est-ce qu’on est tenu de se soumettre aux choses qui arrivent ? Je n’ai pas su comment vivre. Les édredons se sont collés à mes épaules, ils sont devenus vivants et m’ont poursuivi comme ma mère, comme ma grand-mère et sa sœur.…
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57 juillet
Jour jaune, pas un sourire à mon ventre défait. Seule une chaleur haineuse et qui recouvre tout. Dans la rue les gens passent penchés, courbés, des corps pliés dans les angles et les ombres. Je m’habitue à mes jambes. Mes hanches lisses ne me semblent plus monstrueuses. Je sais marcher sans contradiction. Un corps qui…
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56 juillet
Aussi vrai que les impossibles ne font pas frontière, je ne sais pas comment raconter l’histoire. Je parle au dessous des feuilles, quand ça ne dit rien de spécial. J’entends la femme rousse qui attend. Qu’une chose se dise. Son souffle patient. Ensuite je rentre chez moi et la souris écoute mon silence. Je rêve…