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54 juillet
Il faudrait quand même raconter l’histoire. Qu’est-ce qui me retient. L’incertitude sur le dénouement. L’incertitude sur le sens. L’incertitude sur l’interprétation. L’incertitude de la fiction qu’on fait. L’incertitude sur ce qui sera entendu. De ce qui sera dit. La terreur de la haute voix. L’histoire de comment tu as disparu. On revient toujours dans une…
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53 juillet
Dans le brouillard actuel, je cherche une réponse. La question n’est pas encore posée. Où sont nos cratères intimes ? Quelles sont les fleurs qui poussent dans nos identités ? Je suis une savane, un parc naturel, une région de lacs. Je m’étale en campagne asséchée, sans savoir ce qui me manque, ce qui me…
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52 juillet
Dans l’armoire il y a la souris. Elle fête mon retour en grignotant un morceau de la porte. Petit tas de poussière au bas. Est-ce qu’aux choses très petites on donne un nom ? Petit frassenard de poussière au bas de l’armoire. Petit brassequoi de langage sous l’arbre. On ne peut pas user tout à…
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51 juillet
Je voudrais vivre dans l’armoire. Être un drap, une boîte en fer ou un vieux carton de photos. Au lieu de ça, je suis de nouveau sur la route. Nous sommes une foule qui marche entre les immeubles et les flaques, les matelas sales. Une foule d’enfants. Je rentre. Le monde s’est transformé, j’avais les…
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50 juillet
J’ai revu ma famille. J’ai revu ma mère absente, son vide étouffant. Je pense souvent à la Mer Noire. Je me demande quelle est sa couleur. Sa colère noire. Je pense à toutes nos mères. Je me sens concerné, soudain, par la vie des femmes avant moi. Ce qui se reflète dans l’obscurité, le souvenir…
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49 juillet
Je ne sais plus ce qui fait de moi qui je suis. Je suis sur un plan incliné qui penche de plus en plus. Ce n’est pourtant pas si terrible, des jambes de femme. On pourrait croire que ça ne change rien. Ou presque rien. Mais ça me secoue, une vibration, l’intérieur de moi penche…
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47 juillet
Tu avais le souci du monde. Tu voyais ce qui se défaisait, comment même l’amour ouvrait son grand magasin, tu voyais tout ce qui venait, le cauchemar qui nous arrivait droit. Et tu voulais tout réparer. Les ombres avaient laissé place aux grands nuages blancs, j’étais debout dans une gare et je t’attendais. Nous nous…
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46 juillet
Cette nuit j’ai rêvé que j’avais des seins. Un homme, derrière moi, les tenait dans ses mains, les caressait. C’était agréable. C’était peut-être moi, l’homme. Vue d’en haut, la treille est aussi emmêlée que le dedans. C’est-à-dire que mon esprit ni le monde ne produisent spontanément du sens. Quelque chose se produit, mon expérience se…
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45 juillet
46 juillet. Les failles à l’intérieur, les feuilles mortes aussi.
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44 juillet
Le cœur gorgé de pluie.