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45 août
Quelqu’un a dit le réel est immense. J’ai retenu ces mots, sans savoir qu’en faire, avec une mélodie plutôt âpre en tête. Ensuite, je suis allé m’allonger chez la femme rousse en tailleur blanc et j’ai parlé de ce que je ne veux pas savoir. De ta disparition, de comment pourquoi tu es partie. Et…
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44 août
Photographier l’astringence du thé. Le beurre fondu qui fige au bord du moule. L’écume de mer arrêtée dans un peu de couchant. J’ai peur de ce qui bouge. J’aimerais l’immobilité complète de tout et pour toujours. Il n’y aurait pas de disparition. Chez moi, quelque chose change. La porte de l’armoire bat moins fort la…
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43 août
Des impatiences d’intérieur, il n’y a plus de place. Des chambres poussiéreuses, plus trace. Je ne sais ce qui se voudrait hors de moi. Un dehors. J’ai un dehors je crois, mais je n’en connais pas la peau. Ce que je ne sais pas c’est ce que je ne veux pas voir au dehors, ce…
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42 août
Escaliers des ombres et pieds de poussière. J’ai oublié mes jambes de femme, elles ne sont plus emprunt ni greffe, ni une transformation opportuniste du bas. Elles sont là, me prolongent le corps, marchent debout et me transportent en bipède ordinaire. C’est une chose au moins, de guérie. Quoiqu’inexpliquée. Je ne me rends pas heureux…
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41 août
Plongeoir de l’automne. Le monde fait sa conversation brouhaha. Des mots humides lancés en l’air retombent à l’avenant. La conversation s’éloigne doucement du quai. Je plonge dans les mots des autres, sans comprendre. C’est une eau salée, une mer. Je suis la plage silencieuse. Je tais ma langue.
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40 août
Il fait chaud encore. Les pieds dans l’ombre et la fatigue à la tête. J’essaie un travail. J’essaie de me. J’essaie. Au final, se fait bien ce qui se fait. C’est le vide de l’été finissant. Une excuse pour les oisifs. Je suis plus oiseau. Je ne sais pas renoncer à la grandeur du ciel.
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39 août
Un Quelqu’un-Tout qui comblerait tout colmaterait les brèches emplirait tous les trous ne laisserait aucune faille pas une fissure aucun vide nulle carence ni rien qui défaille. Chercher partout le Quelqu’un-Tout et ne trouver que des petits morceaux de surface, s’attacher. Se coller attendre. Attendre aux surfaces que quelqu’un vienne Que Quelqu’un-Tout Qu’est-ce qui t’appartient…
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37 août
Les fourmis sur nos têtes, ce qui court en nous, notre sang, ta main, mon cœur qui jouit et les pattes des perroquets blancs des forêts primaires. Une entité, le quelque chose on ne sait pas quoi c’est ce qui manque depuis que tu n’es plus là, ce qui manque manquait déjà avant toi manque…
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36 août
Le sable crisse à tes cheveux, tes joues, tes doigts rugueux. L’air moite de la mer est sur toutes nos peaux. Quelque chose nous fait quelque chose, nous sommes touchés par quelque chose qui n’est pas une mer, ni une vague, ni une dune. Un animal sans doute – tu dis ça en levant les…
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35 août
Autoportrait en photographe. Soudain on me voyait avec une tête de femme. C’était un mouvement fugace de l’esprit, mais qui me déstabilisait durablement. Mon trouble s’emmêlait avec la sensation du manque incoercible, l’absence et la privation d’une affection suffisante avaient creusé un gouffre autour duquel tourner une vie entière. L’ensemble faisait une identité inextricable, l’excavation…