• 39 septembre

    Je me réveille. Il reste des traces. Des moments qui reviennent sans crier gare et dont on ne peut toucher la peau. Je sors dans l’air du dehors, je cherche quelque chose dans la ville. Quand je me souviens, je m’arrête de marcher, je me tiens debout droit dans les sabots du souvenir.  Le ciel…

  • 38 septembre

    Au matin, on se réveillait la bouche grande ouverte, emplie d’incertitudes. On mâchait le vide et les chaleurs de l’époque, l’été ne voulait plus partir, les eaux refluaient un peu partout, on était à la fois bouches d’égout et d’incendie, ce qui brulait un instant était englouti l’instant d’après, et tout se transformait avec des…

  • 36 septembre

    On disait que le monde allait s’éteindre, électricité suspendue de nos vies. Qu’est-ce que ça nous faisait, sur l’instant ? Est-ce que ça nous a rendus plus aigris ? Ou plus anxieusement vivants ? Est-ce que ça m’a mis les nerfs à vif ? Est-ce que j’ai cru que te protéger serait une voie sans…

  • 35 septembre

    Aux heures des commencements, l’attente des phrases inconnues. Le regard sous l’arbre, je tais le silence des feuilles, les mains ouvertes, les paumes suspendues aux branches. Le tronc traverse mon cœur et ma tête, je suis une traversée, un étai, un bollard. Je m’accroche à moi-même passant la corde autour de mon cou et tenant…

  • 34 septembre

    Ce matin j’ai croisé une étoile tombée dans le rouge sombre du trottoir. Elle m’a fait penser à ton visage au réveil, cet air pas fini, les contours incertains. Et le rouge autour.  Je suis mal placé pour parler. Je suis de ceux qu’on arrête. Nous ne sommes plus si nombreux, et j’ai des jambes…

  • 33 septembre

    J’en ai marre de parler d’amour.  Après l’été les ombres continuaient leurs travaux, rappelaient l’été avec des grands cris de fraîcheur et des urbanités nouvelles. J’en ai marre de parler d’amour. Le comble pour quelqu’un qui ne sait pas comment a disparue son autre ? Rappellaient l’été avec des grands cris de fraîcheur.  Je te…

  • 32 septembre

    Nous ne faisions pas que l’amour. Une nuit on dansait en rêve de folles chaconnes, la passacaille du diable à se rompre les jambes. C’était trop pour moi mais je te suivais jusqu’à l’extrémité de ton monde. J’en ressortais graisseux, transi, perclus, et toujours je revenais, je repartais je te suivais sans autre but. Parfois,…

  • 31 septembre

    Comment pourrais-je parler de la tendre époque ? Je n’avais pas encore le travail de mots. Il fallait seulement vivre. Nous étions jardiniers des octobres, à regarder les dessous des feuilles, aussi ceux des oiseaux. Nous ne faisions que l’amour, une boule de glaise qu’il fallait façonner à deux jusqu’à ce qu’elle roule. Au loin…

  • 61 août

    Peut-être que la journée avait commencé en pente, peut-être qu’il manquait quelque chose. Peut-être qu’il s’est passé quelque chose, peut-être pas, peut-être que je ne sais plus, personne ne sait. Quelqu’un ne peut plus continuer.  Peut-être que j’aisément pentoie vers les ensembles plutôt que regarder mes plusieurs nombrils, mes jambes de changement et mes béances…

  • 60 août

    Une béance et quoi, le bleu des automnes et reflets de pieds, portrait en pied  – un écho non visible – je suis sans présage ni ascenseur, je n’ai pas de quoi accélérer ma pensée, il faut se tenir à ce temps qui coule au rythme lent des manèges sans bords, un jour on n’aura…