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49 septembre
Je suis retourné sous le feuillage clair de la femme au tailleur. Quelque chose se passe. Des souvenirs reviennent. Des moments reviennent. Ce sont des souvenirs. Des moments dont je me souviens comme je m’en souviens, sans savoir vraiment, ce que j’ai vécu. Tu étais là tu disais Comment vieilliront nos hivers, nos hachoirs, nos…
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48 septembre
Je voulais faire un récit, quelque chose qui parle et signifie, du langage qui prenne la forme d’un paysage cohérent, réel. Un texte qui poserait les colères, les murs, les histoires déroutées qui percent nos plafonds, des cercles qu’on ne sait pas. Un collier de trous noirs sur un fil de clarté terrienne.
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47 septembre
Au matin une petite australie s’est dessinée dans le pare-brise de ta tête, et ce n’était pas de l’ombre, ni du ciel noir. Seulement une sorte de peinture peureuse des endroits que tu aimais. Vues du ciel, les étendues dessinent des motifs pour des tissus, des vêtements, des toiles. Tu t’habillais comme ça, avec rien…
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46 septembre
Je dessinerai ton corps de violoncelle, ton visage double, tes nez et tes yeux en mélange, j’oublierai la perspective et j’hésiterai sur la couleur, je dessinerai les bleus au ventre et les découragements du jour, les pensées labiles, les àquoibonnements du ciel gris. Je prends tout mon désir de peindre et je le consacre à…
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45 septembre
Les pierres ne sont pas seulement des pierres, même petites comme toi. Les pierres sont des petites humanités disparues qui vibrent au rythme des étoiles. Elles s’étalent dans la nuit sale, une matière dure et qui gronde. Sur leurs petits dos nus poussent des plaques osseuses, et nous les voyons, en rêve, courir en minuscules…
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44 septembre
Reflets d’évidence dans la surface obscure, du vivant qui boîte. Je ne reconnais pas les visages. Quelque chose se sait qui ne m’appartient pas, et jamais on n’éclaire toute la tache rouge, toute la lumière aux prisons de l’opacité, tout le noir brûlant des paupières. Je mange quelque chose qui ressemble à du printemps, le…
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43 septembre
Avec les nouvelles tueries du jour, le matin dans ta tête creusait son trou, à la cuillère. On aurait préféré ne pas savoir, mais il était devenu impossible de se soustraire, les informations nous assiègeaient, les récits toujours plus écoeurants, frappants et plus vides de sens qu’un sabot qui résonne, suspendu à un arbre, dans…
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42 septembre
A traverser les parois de ta tête sans pointer, qu’est-ce que tu te charges du monde ? Quelque chose se sauve. Je me fréquente à peine, juste assez pour savoir qu’il n’y a pas vraiment de continuité. L’ipséité, cette vaste blague. La surenchère du trouble. À l’intérieur de moi, il y a une âme qui…
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41 septembre
Je me lève, le visible a quelque chose d’une peinture. La brume acide du matin, où danse un vieux poisson bleu, ailé, à moustaches beluga. Un soleil curieux tente de percer le ciel, comme si on était à la veille d’un nouveau big-bang. Et le peuple clair, le peuple vert dansant, se lève et commence…
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40 septembre
C’est un autre matin. Je vais chez la femme rousse au tailleur blanc. Pendant que je me prépare, la souris ressort de son trou, bonjour, un rayon de lumière entre les volets laisse sa marque sur le mur. L’aube t’avait regardée te lever, des lueurs promises aux ombres. On marchait, la clarté tombée des trous…