- Page d’accueil
-
42 juin
Dans mon ventre une forêt. Dans ma tête des espaces où fuir.
-
41 juin
Soleil au pays natal. Le paradis des ombres : elles croissent sans entraves et jouissent dans la lumière, plus découpée qu’ailleurs. Je suis revenu. On ne peut pas savoir ce qui se passe en dehors de nous. On ne peut pas savoir ce qui se passe quand on n’y est pas. On peut seulement regarder,…
-
40 juin
J’ai rêvé que je ramassais des citrons poussés dans la terre poussiéreuse. Leur peau vernie couverte de poudre brune. Même en rêve, je n’ai rien fait comme il aurait fallu. Je n’avais pas d’odeur. Pourtant tout s’adoucit. Ce qui m’étouffait hier me réconforte aujourd’hui. C’est la joie bleue de ce qui rate. J’ai revu l’homme-panda,…
-
39 juin
Je marche au ralenti pendant que mon cœur bat vite. La forêt murmure, des lianes gluantes s’échappent en volutes de sa bouche immense. Je marche au ralenti dans l’immobile agitation des ombres. Un lémurien aux yeux francs passe en sautant, ses bonds alignés sur mon rythme cardiaque. Je marche au ralenti, c’est tropical. Des feuilles…
-
38 juin
J’ai mal dans le corps. Le désamour de soi me tord partout dedans. Je marche sur mes jambes de femme. Je m’entrave dans l’épaisseur de mes cuisses. Je cultive l’émoi comme je peux, rêvant d’une amourette et ressassant le vieillissement du corps, ses corruptions. Je me prends d’une passion lasse pour les ombres. Tout ce…
-
36 juin
J’ai un désir de haute voix. Ce qui se rumine des torsions intérieures demande à venir au jour de la parole. La culpabilité me dévore comme une souris, je regarde mes jambes de femme et je pense à toi disparue. Est-ce qu’on s’est rués dans l’ancienne gare en souvenir de la bête humaine ? Demande…
-
35 juin
Je veux rejoindre mon lit, pense le pied. Moi aussi, pense le hors-champ. Tu vas t’habituer, dit la souris. Ne sors pas tout de suite de la chambre, murmure l’armoire. Bousculez vos organes sans trop de prévenance, criaille le lézard revenu. Qu’est-ce qui est chose d’homme, qu’est-ce qui est chose de femme ? a conclu…
-
34 juin
Nous sommes toujours dans le nuage. Il fait grisâtre. Je n’ai plus vu le ciel, sauf couché par terre, à l’écoute de ma propre parole. Au jour de la parole. Dans la nuit j’ai écouté mon aisselle. Elle me chuchotait des humeurs vagues, arômes de poivres et de sels. Ses phrases articulées parlaient de ce…
-
33 juin
Je me suis réveillé en vrac. Comme sans récipient. J’étais sur mon lit, éparpillé. Pour un peu le plafond aurait reflété ma dispersion. L’armoire me regarde. La souris est venue, me dire à l’oreille qu’elle a bien connu un dromadaire qui s’était vu pousser des nageoires derrière la bosse. Elle dit que ce n’est pas…
-
32 juin
Quelque chose change. Aux pieds j’ai toujours plein d’orteils, et maintenant l’entorse chevillée. Les jambes ont pris une torsion. Une tournure de femme. Mes jambes sont une femme. Mes jambes sont de femme. L’évidence évidée : je suis un homme avec des jambes de femme. Un homme avec les jambes d’une femme. Mes jambes d’homme…