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52 juin
Ça couve. Il faut le temps pour éclairer. De l’été, tu ne sortirais pas des ombres. Peut-être en automne nous saurons quelque chose. Une autre traduction de l’histoire. Pour l’instant nous marchons, la femme rousse et moi, à tâtons. C’est moi qui parle. Elle me suit en silence dans le chemin de mots.
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51 juin
Je retournais chez la femme rousse. Sous son feuillage, mes mots. Je racontais ton histoire, la mienne. Notre aventure dans ma bouche trouvait une étrange issue. Je ne peux pas dire plus pour l’instant. C’est planète inconnue, l’énigme irrésolue des confins, et je ne peux tout savoir.
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50 juin
La campagne était toute transformée, il ne restait que la couleur, et encore. Le rideau vert des arbres prenait par l’arrière des teintes jaunâtres, invisibles ou à peine. L’ancien ruisseau, clinquant et bleu de ses éclats de soleil, avait tourné couleur flaque, le fond marron, les algues moussues en surface. On avait envie de dire…
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49 juin
L’histoire, nous, ça faisait des accumulations de langage qui ne se traduisaient plus. Caniculus, caniculus, les pavés sont aussi des fenêtres. J’aimerais bien m’occuper du monde, mais je ne sais par où commencer. Il faudrait réparer. À chaque fois que je remonte mes manches, je suis pris d’un étourdissement, je tombe, je me retrouve assis…
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48 juin
J’ai voyagé, revoir ma famille m’avait rendu triste, le présent battait de l’aile et je ne parvenais plus à vivre, à saisir les instants, à m’y accrocher. J’étais souvent dehors de moi, dispersé, une vapeur et parfois quelqu’un me disait ouhou, tu m’entends ? C’est comme un bateau qu’on n’arrive pas à prendre. La conversation…
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47 juin
J’ai remarqué que les gens commencent à vieillir par la nuque. Ils se tiennent ainsi, continuent à lever le regard, conserver une dignité droite tandis que déjà le corps s’affaisse, qu’une bosse se forme en haut du dos ; et ça crée un pli rouge, une ride de nuque, qui indique mieux que personne l’âge…
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46 juin
Un trou dans ta mémoire.
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45 juin
L’été pesait, on était noirs et moites et chauffés à blanc. L’été pesait, ses lourdes épaules appuyaient nos sommeils. On siestait sans fin derrière des persiennes, pour les rayons découpés. L’été pesait, sans orage ni crevaison de nuage. Tous autant humains qu’électriques, on ployait sous la langueur bleue du ciel.
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44 juin
J’ai des problèmes de fenêtres dans la tête. Je bricole les ouvertures pour ne pas laisser passer la lumière. Chaque jour une autre fenêtre, une ombre nouvelle. Chaque entrebaillement est une fêlure, chaque rai de lumière une blessure acide. Chaque feu de poussière suspendue brûle de ton absence. Parfois ça claque, comme les portes de…
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43 juin
A l’ombre jouer de la lumière. Mes jambes de femme me font une nouvelle envie de courir. On ne fait pas de transformation sans peine, sans des douleurs souffrantes et d’autres étonnements. Je n’ai pas choisi. Je pense maintenant que ce sont tes jambes – parce que je t’ai aimée – qui me sont arrivées…