-
42 mars

C’est une sorte de paradoxe. Des jours à découvrir la ville retroussée, la ville dévalisée. En moi quelque chose chemine qui s’éclaire et prend sens, à mesure que tout dehors se décompose. De ton profil et de ta peau je ne sais plus ce que j’ai pensé, c’était un frôlement dedans, une prévenance animale. Aujourd’hui…
-
41 mars

Dans la ville en apparence il n’y a personne. Les gens se terrent, courent comme ombres sur les murs, rentrent dans les immeubles comme fourmis pressées dans des trous de sable.La ville fait vide. Elle est dépeuplée. Dehors de la ville, là où nous avons rejoint un campement, dans un champ où tiennent encore debout…
-
39 mars

-
38 mars

Les jours dans la ville sont comme des mesures de la perte de toute signification. Nous essayons avec des images, c’est une grande carapace effondrée, un pré où ne poussent plus que des champignons vénéneux, la chambre d’un enfant en colère, un magasin pillé, une église dévastée et vide, un camping après une tempête, les…
-
37 mars

Depuis ce matin nous marchons dans les rues, tout est sens dessus dessous, rien ne peut être nommé, rien n’est clair, il n’y a pas de mots ni même de forme à ce que nous rencontrons, c’est une drôle d’expérience, être devant quelque chose, parfois quelqu’un, et ne pas avoir de langage, même intérieur, pour…
-
35 mars

En entrant dans la ville, j’ai pensé que le soleil vaudrait bientôt les dix francs du ciel. La lumière est de plus en plus basse. Mon compagnon est de moins en moins loquace. Je me sens seule, mais ce n’est pas désagréable. C’est préférable à toutes les colères qu’il a fallu éponger. Préférable aux anxiétés…
-
34 mars

-
33 mars

-
32 mars

-
60 février

J’attends un jour de plus. Je pétris puis je laisse gonfler ma colère. Elle est venue d’un coup. Très subitement. Comme un verre qui éclate sur le carrelage. La pensée qu’on sera bientôt panier sans verdure, ou champ de coquelicots en cellule. Ce monde n’est pas fait pour la colère. Il la découpe en fines…