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43 novembre
J’ai regardé passer les heures, elles ne faisaient vraiment que passer. Comme moi le temps. A force de vouloir de norme, à force de batailles contre la bizarrerie, à force de trop de sagesse d’enfant pour désobéir à l’étrange, à force d’espoir de maisons témoins, à force de rêves fébriles d’ordinaire et d’horaires de bureau,…
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42 novembre
Cantique du soulagement : la grande délivrance, son immense consolation, méritent leur petite prière d’hiver, un peu gelée, qui se réchauffe au coin du feu. J’ai mal toujours mais quelque chose de lourd s’est ôté de moi. Comme si je m’étais lavé de langue, j’aurais abrasé mes douleurs à grandes eaux de mots, et depuis…
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41 novembre
41 novembre. Quant aux étoiles, rien n’était jamais clair ; elles avaient, comme les morts, des maigres préoccupations.
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40 novembre
C’était le temps des fins d’années, des couverts nombreux, de l’odeur de fumée, des flammes derrière les vitres et des fenêtres ouvertes au froid, des rayons rasant le soir qui nous brûlaient les yeux, un temps à battre la campagne à la recherche d’un rayon tombé, d’une branche sans feuille, d’une silhouette de graminée dans…
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39 novembre
Ce qu’il fallait de religion pour qu’on accepte de ne plus souffrir, pour qu’on dise oui c’est fini, bien fini, sans redevance à nos rages anciennes, sans résignation pour les humanités. Ce qu’il fallait de pensées échangées les soirs de deuil pour accepter que le monde devienne, et de feu en feu on irait accoucher…
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38 novembre
C’était le temps des fêtes, des familles, des autours de table parlant langues de frères et de sœurs, mots de mères, de pères multipliés, ce temps crevé d’excès, de brûlures de cendres déposées sur nos mains. Là où le feu de la parole nous réchauffe nous brûle nous cuit, nous devenons tendres.
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37 novembre
Ce qu’il fallait de mutations de changements, de transformations frustes, de chambardements, de digestions, métamorphoses des dociles, rénovation des obsédés du moteur, variations à pédales, transmutation d’une énergie sur une autre, freins, roues, creusement d’anciennes charettes, routes devenues boulevards, promenades avenues, charpentes désossées des grands hangars, et l’odeur du métro, l’odeur soudaine du métro, la…
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36 novembre
C’était le temps des âges, des macérations de plantes mortes, un truc pour présumer de ses forces, on faisait de longues promenades, marcher aux nuisibles, prendre une petite inspiration et souffler la vapeur de nos bouches, regarder sous la nuit la lueur peureuse d’une Lune presque pleine qui s’appuie sur les champs, humer les herbes…
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35 novembre
Ce qu’il fallait de fatigues. Ce qu’il fallait de risques pris, à verre mesurés. Ce qu’il fallait de paroles pesées, de hautes lumières dans les ciels rougeauds du soir. Si le froid gelait les organes, les intérieurs des corps – nous donnerait des morts instantanées. On était debout au pied de nos colères, et regardant…
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34 novembre
C’était le temps des fatigues sans bordures. On cherchait le repos, on allait voir les grands doigts noirs des arbres, le ciel qui ployait dessus. On marchait sous la canopée, on aurait pareillement volé la terre. Tu tenais ma main contre toi comme un animal chaud et doux, et je voyais pousser des armures au…