• 47 décembre

    Ô hublots, ô châteaux, vous êtes lumières sans nous, et douces et jaunes encore ! Il y a ceux qui pensent Il y a ce qui ne pense pas à ça les choses calmes et paisibles ne regardent ni mon épaule ni rien pas plus la mouche qui s’y pose sans un bzzz pas plus…

  • 45 décembre

    Insomniaque réveillée par l’improbable du sommeil je me lève et j’écris ce qui se passe je regarde la rue je n’y suis pas je n’y nuis pas je mon épaule je ni nuit je ne bouleverse pas le monde depuis la fenêtre. Un rat passe un soixante-neuf passe l’odeur d’après le moteur un homme passe…

  • 44 décembre

    Je continue d’arpenter la rue pour voir. La souris dans ma poche pour me donner du coeur mes jambes de femme je les ai vernies pauvre résille et regarde autour les hordes, autour les chauves et les crétins en bandes, autour les rires à grandes bouches fendues, et vomir du vin tiède comme une veille…

  • 43 décembre

    Il y a toujours quelque chose qui découpe l’image, mes yeux même. Et puis écrire encore pour retenir la rue qui coule, pauvre cinéma comme des yeux fermés  qui regardent au travers pauvres paupières demi-effacées…  Je suis définitivement hybride la rue ce matin se lave les yeux sur moi, je me sens cheveux blonds platine…

  • 42 décembre

    Le petit matin barrit sa jeunesse et sa vigueur, pas moi. Hier j’ai dit quelque chose à partir de mon épaule ce matin je veux parler d’avant retenir le pauvre passé (sans épaule de femme) pauvre rue Pauvre, je te retiens, pauvre épaule d’homme, je te retiens, pauvre passé où la rue me laissait tranquille,…

  • 41 décembre

    La journée c’était tranches de lumière, tranches de temps et tranches de toi-même, et puis c’était le soir.  Dans la lumière qui tombe, j’essaie de faire exister la ville. Si je n’écris pas je ne retiens pas les choses, comme si elles coulaient devant moi, pauvre cinéma. Pauvre cinéma avec des chiens gros et molosses…

  • 40 décembre

    Peut-être que c’est tout mon corps, finalement. Je travaille à changer mes idées, tout mettre au propre, comme on dit. Je travaille à la table, j’essaie de taire la porte qui bat en moi. Peut-être que c’est tout mon corps. Je travaille dans la rue, à saisir des rayons, des noirs et des blancs. Je…

  • 39 décembre

    J’ai une épaule de femme aussi ! C’est la souris qui s’en est aperçue. Elle me léchait et s’est mise à pousser des petits piaillements à peine audibles, comme un poussin encore dans l’œuf. Une belle épaule de femme. Une seule. Et des polognes sans enluminures, mes hivers et mon corps batterie vide, je voulais…

  • 37 décembre

    J’essaie de ne pas me nourrir seulement de souvenirs. J’essaie de manger aussi des promenades de ciel hivernal. Je sors. La souris dans ma poche. Mes jambes de femme, les chaussures de femme que j’ai achetées en solde au magasin du centre. Je sors. Je marche et le soleil frotte ses rayons sur la ville,…

  • 36 décembre

    Une fatigue boueuse que pique le matin, et ça saigne. J’ai rêvé d’un exil. Des vagues hautes et derrière, le monde invisible.  Nous ne savions pas pourquoi nous partions. Tu disais pour toujours, j’en doutais. Tout était précipité, même la mer.