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47 avril

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46 avril

On marche et devant nous quelque chose surgit, ou passe, une traînée. Ca tombe, c’est blanc, ça fait une flaque blanche et lumineuse, floue, un peu épaisse, sur le trottoir sale. Du ciel retourné tombe un pavé de nuage, c’est la révolte du printemps. Un dernier geste de la lumière. Il reste une trace blanche…
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45 avril

J’ai rêvé que j’étais une mouche sans ailes, je randonnais dans l’espace tortueux des graminées, la campagne avait ses dents acérées. Je me glissais dans les interstices en prenant garde aux grandes mâchoires humides, qui pouvaient se refermer n’importe quand. Une marche anxieuse et bancale. Et toujours ce ciel blanc la terrible lourdeur de l’air…
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43 avril

Le temps passe en coulant sur nous, la ville bleuit à vue d’homme, un bleu brûlant qui coupe les vitres et nous laisse éreintés, visages en miettes. Ça ne dure pas, la nuit revient. De nouveau, mon compagnon disparu comme toi, je ne sais plus très bien qui je suis. Mais qu’importe, puisqu’il ne reste…
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42 avril

Le monde que nous connaissons a poussé les tables dans un coin, il est en train d’empiler les chaises en sifflotant, et va bientôt tirer le rideau métallique dans un bruit de cataclysme. La fin ressemble à quelque chose que nous ne connaissions pas, il nous faut inventer des images pour en parler. Mais les…
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41 avril

Les hommes étaient partis. Restaient des femmes et des enfants. C’était pacifique et pauvre. La ville croulait, grouillait, purulait. On traînait dans une sorte de soupe, personne ne savait trop quelle couleur au juste, ni d’où elle tombait. En me promenant dans les rues sales, je pensais au fond du verre à dents il y…
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40 avril

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39 avril

On regardait le monde s’effacer lentement, nous échapper, notre monde nous tomber des mains. Jusqu’ici on devait se tenir penché sur son épaisseur, s’accrocher à des images de tête, des piqûres rutilantes qui nous enfievraient sans but. Il restait quelque chose, si ce n’est d’optimiste, pas un espoir, plutôt une langueur confuse concernant l’à venir. …
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38 avril

Ils sont venus dans la nuit. Une meute d’hommes en tenue de combat, habillés de vêtements plus grands que leurs corps. Ils ont arraché la porte de l’appartement, réveillé tous ceux qui dormaient, tapé dans la cohue des effrayés. Ils ont emporté les hommes. Ils criaient qu’on n’avait pas le droit de vivre là, et…
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36 avril

Je ne sais plus quand le langage avait commencé à pencher, c’était danger, d’une course aux mots aux vagues. Ceux qui faisaient ça avec le langage, c’étaient ceux qui trompaient le mieux. Dire une chose quand la chose était toute autre, c’est comme ça que ça avait commencé. Je me souviens qu’on s’était étonné, tiens,…