-
37 août

-
36 août

-
35 août

Autoportrait en photographe. Soudain on me voyait avec une tête de femme. C’était un mouvement fugace de l’esprit, mais qui me déstabilisait durablement. Mon trouble s’emmêlait avec la sensation du manque incoercible, l’absence et la privation d’une affection suffisante avaient creusé un gouffre autour duquel tourner une vie entière. L’ensemble faisait une identité inextricable, l’excavation…
-
34 août

-
33 août

Je regarde de près le monde est mouillé. Il pleut une peau imperceptible transparente et sans sensation. Elle recouvre nos mémoires, gluante et poussiéreuse. Rien de plus sale. C’est le cambouis des frontières, une graisse de limites franchies. Nous ne sommes plus qu’un tas d’hommes éparpillés et qui cherchent des espaces sans eau sans sécheresse. …
-
32 août

-
62 juillet

Choses cachées, pires que choses vues. Il y a ce que je ne veux pas savoir, et ce que ma mémoire oublie. Nulle volition, c’est ce qui me met à terre.Seulement les mauvais souvenirs, les mauvais sangs, les odeurs sans vraisemblance. Je marche en crabe dans le parc. Le tronc d’un arbre montre une blessure…
-
61 juillet

Je perds mes mots. Ils me transpercent, ressortent, et couverts de mon sang s’en vont, tombent dans les eaux lourdes de ma mémoire. Je t’aimais comme on aime enfant, en criant, en courant, en se tordant les genoux dans les cailloux. Je t’aimais comme on reste collé, par la hanche ou par l’épaule. Je t’aimais…
-
60 juillet

-
59 juillet

Ça se passait sous un soleil gris nuage, un de ces ciels blancs qui piquent les yeux. J’avais rencontré tellement d’obstacles que mes poils s’étaient collés entre eux, jusqu’à devenir durs et piquants à la surface de ma peau. Mais la tentative d’échapper à ma famille adhésive, qui me faisait arriver dans des dunes de…