-
33 mai

Un jour, elle m’avait écrit. Avec une photo. « (Rare) Portrait de pieds à l’heure du repos de la guerrière.« J’avais pris ça pour moi. Pour un message de confiance, une marque de complicité. Pour une fois ses pieds étaient immobiles. On pouvait les voir respirer, sur la photo. J’avais l’impression d’assister à la fraye des…
-
32 mai

-
61 avril

-
60 avril

-
59 avril

On marchait dans la forêt du même jour. Les ombres toujours cruelles, découpées par l’aigu de la lumière. J’ai posé ma main je ne sais plus où. Il y a eu ce frémissement, et plus rien. Le corps que j’aimais avait disparu. J’y étais pour quelque chose. C’est flou. Je me souviens seulement du silence.…
-
58 avril

Et puis j’ai eu ce souvenir. Le dessin des ombres nous suffisait. C’était le début de l’été des matins d’enfance, une joie vive nous piquait les yeux. Je ne me souviens que du corps. Une silhouette frêle dont j’éprouvais la dureté. Je rêvais d’être cette petite personne. Je me sentais l’autre, pas moi.
-
57 avril

-
56 avril

C’était de nouveau le matin. Comme si inéluctablement, le matin se produirait chaque jour après l’autre. On se réveillerait, le matin commencerait sa production : minutes de matin, secondes de matin, le temps des yeux clos, celui avec les yeux mi-clos, bientôt le moment de tenir un oeil fermé, de jouer à faire sauter les…
-
54 avril

-
53 avril

Longtemps mes pieds regarderaient le jardin. Ce n’est pas tout à fait une figure de style. Mes orteils ont un angle de vision meilleur que le mien. Ils voient l’herbe haute au pied de l’arbre, le cafard qui opine sur le trottoir, ils attrapent d’autres reflets dans les flaques, ceux que je ne vois jamais.…