Puisque je n’ai plus envie de parler de dégafamisation, je viens de décider que Le courage de l’herbe demeure un bon titre pour un journal tout court. Un journal court et irrégulier, comme moi.
J’épluche un kiwi avec un éplucheur spécial. Il m’a été offert par une tante qui m’offre rarement quelque chose. L’épluchage est satisfaisant même si le trognon du kiwi est un peu dur. Je salive alors que j’ai déjà mangé plusieurs tartines de cancoillotte. J’ai l’impression que je pourrais manger sans fin. C’est sûrement parce que je m’ennuie.
Je décide de préparer un thé vert avec de la menthe du jardin qui pousse haut. Je me rends compte que je ne sais pas tailler la menthe. Il y a tellement de choses que je ne sais pas faire. Mon mouvement pour approcher le vivant est souvent contrarié, par ma méconnaissance ou par ma paresse. Je préfère rester dans le canapé à lire ou rêvasser. Je pourrais au moins prendre le soleil sur une chaise longue. Faire ce qu’on est censé faire le week-end : jardiner, ranger, nettoyer. Je n’ai qu’une envie : traîner (qu’on prononcera avec l’accent franc-comtois, en traaîîînant sur le aî : effet garanti).
C’est sûrement parce que j’ai fait des abdos ce matin. Le sport a deux effets antagonistes sur mon énergie : les jours où je n’ai pas d’autre choix que me mettre en mouvement, l’activité physique matinale me paraît soutenir la journée. Les jours où je n’ai rien à faire, comme aujourd’hui, je me sens molle, vide et épuisée toute la journée. Pour être en forme il faudrait donc n’avoir que des jours actifs. C’est ce que font les autres femmes de ma famille, toujours en mouvement dès l’aube. Cette idée me terrifie. J’aime tellement traîner (aaaiii).
Dans ce billet, je fais plusieurs liens de causalité simples et arbitraires. J’aimerais être plus intelligente. Si je cherche à l’être, alors je cesse d’écrire. Nouvelle causalité linéaire. Je suis poursuivie. Ou alors, c’est l’ordre normal de la pensée, un 1er mai : traîner en causalité linéaire.

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